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3 clés pour se sentir légitime et innover en consultation

10 juillet 2020, 14h30. Je termine ma téléconsultation avec Juliette. Cela fait maintenant 4 semaines que je l’accompagne. Durant cette consultation, nous avons beaucoup parlé... de chips car c’est difficile pour elle de s'arrêter lorsqu’elle commence. Depuis le début du suivi, elle s’est mise d’elle-même en mode “je n’en touche plus un seul”. Mais le déconfinement et le début de la saison estivale ont marqués le retour barbecues et des autres festivités familiales.

Ces moments, censés être conviviaux pour Juliette, se transforment vite en enfer au moment de l'apéro. Je la sent au bord du craquage, qui évidemment serait suivie d’un gros sentiment de culpabilité qui réduirait sa confiance en elle et sa capacité de réussir.

Je me dois de faire quelque chose pour la sortir de cette situation, mais quoi ?


Je pris alors mon courage à deux mains et je lui dit : Ok Juliette, lors de ton prochain rendez-vous, je vais t’apprendre à déguster des chips ! Car ton souci, ce n’est pas que tu ne saches pas t’arrêter, c’est que tu les manges trop vite et sans réel plaisir ! Ce qu'elle ignorait, c'est que je n’avait jamais fait de séance de dégustation auparavant !


C’était loin d’être la première fois que je rencontrais ce type de patients ayant ce genre de rapport conflictuel avec certains aliments. La première fois que j’ai entendu vraiment parler et que j’ai pu vivre une “dégustation en conscience”, c'était en octobre 2015 lors de la journée d’étude organisée par l’UPDLF. Nous avions pu assister à une super intervention de Magali Jacob, diététicienne formée au GROS. Elle avait attiré notre attention sur les bénéfices ce genre d'exercices en consultation. A la sortie de la conférence, j’avais déjà dans ma tête 2 ou 3 noms de patients avec lesquels je me réjouissais de tester ces dégustations. Et dans les jours, les semaines, les mois qui ont suivi….? RIEN.


Il m’a fallu 5 ans pour enfin tester ma première séance de dégustation en consultation. 5 années … C’est long ! Peut-être que en lisant ces lignes, tu repenses à d’autres techniques, d’autres outils que tu aimerais implémenter en consultation. Tu viens, par exemple, de terminer l’exercice de “la boussole” ou encore tu souhaiterais mettre en application la dernière formation que tu as suivie. Evidemment, tu sais exactement ce que tu dois faire, c’est juste que tu ne passes pas à l’action. Les semaines, les mois, les années défilent et rien ne bouge. Et une fois de plus, la démotivation risque de pointer le bout de son nez...


Comment donc passer à l’action plus facilement et oser faire des nouvelles choses en consultation ? Pourquoi parfois cela semble si difficile ? Comment passer du stade où l’on SAIT au stade où l’on FAIT? C’est ce que nous allons voir dans la suite de cet article.


Pourquoi est-il parfois difficile de se lancer ?


Qui suis-je pour faire cela en consultation? ”

“ Je ne suis pas un expert pour ce genre de chose…”

“Suis-je suffisamment compétent ?

“Je ne sais pas comment vont réagir mes patients...et si ça se passait mal …?”



Si toi aussi, tu as ces petites voix dans ta tête, bienvenue au club ! Alors soit rassuré.e, nous avons tous un abonnement obligatoire à vie qui nous pousse à y revenir régulièrement. Tu l’as peut-être deviné, il s’agit ici de notre bon vieux syndrome de l’imposteur qui nous freine de manière plus ou moins consciente dans la mise en place de nos actions. La chaîne de pensées se présente de la manière suivante:


  1. Nous ne nous sentons pas suffisamment expert ou compétent pour essayer cette nouvelle chose.

  2. Si notre travail n’est pas assez bon, les patients vont s’en rendre compte

  3. A la pensée de ce malaise imaginaire hypothétique, on se dit “Oh ben finalement, je ne vais rien faire et rester dans ma petite routine confortable…


Et voici comment on peut se retrouver embarqué.e sur le chemin de la procrastination...

Mais la prochaine fois que ta petite voix intérieure tentera de te tirer de force dans ce “train of thought” à destination du pays des imposteurs, tu pourras lui expliquer calmement pourquoi tu ne souhaites pas faire ce voyage et ce, grâce aux 3 arguments suivants :


1 : Faire la paix avec sa petite voix intérieure et arrêter de lutter…



Alors autant faire tout de suite une mise au point : cette petite voix ne se taira jamais. C’est biologique, nous avons hérité ça de nos ancêtres et c’est profondément ancré dans notre cerveau reptilien. Notre instinct nous poussera toujours à éviter les situations dangereuses et ici, cette peur de l’embarras est justement assimilée à une situation dangereuse. Et donc le gros piège, c’est de se dire “ lorsque je me sentirais plus sûr de moi et en confiance, je le ferai”. Ceci est un fantasme qui ne se réalisera jamais et dont il faut faire le deuil tout de suite !


Le risque, si tu persistes à t’accrocher à cette croyance, c’est de te retrouver sur le chemin de l’infobésité où tu consommes boulimiquement contenu après contenu, formations après formations dans l’espoir d’être (enfin) prêt un jour. Alors laisse moi te donner un scoop : le fait de ne pas te sentir prêt ne t’empêchera jamais de délivrer de la valeur à tes patients.


En parlant de valeur, il faut également accepter que cette dernière ne sera pas maximale lors des premiers tests. Attention, pas maximale (ou imparfaite) n’est pas égal à nulle ! Nous faisons malheureusement très souvent l’amalgame. Retiens bien qu’un peu de valeur sera toujours mieux que pas de valeur du tout. Par contre, ce qui est certain, c’est que si tu ne passes pas à l’action, il n’y aura aucune valeur supplémentaire...


2 : Tout le monde s’en fiche que tu sois un expert !


La réflexion engendrée par la lecture de ce sous-titre va peut-être te rendre un peu perplexe. C’est normal et je t’invite à la continuer : Est-ce que tes patients ont fondamentalement besoins que tu sois un “expert” ? Au fond, pas vraiment. Ce qu’ils veulent à la racine de leurs désirs, ce sont des résultats ou autrement dit, l’amélioration de leur situation ( apparence, santé,...). Une fois de plus, le souci vient d’une relation de causalité qu’on suppose toujours vraie (à tort !) entre le “statut d’expert” et la qualité du service que le patient / client va recevoir.


Et donc, nous pensons que nous devons d'abord atteindre ce statut d’expert avant d’être capable et digne d’apporter de la valeur avec des nouvelles techniques en consultation. C’est faux ! C’est en apportant de plus en plus de valeur, en perfectionnant ses techniques, qu’on acquerra le statut d’expert (et non l’inverse).


La question n’est donc pas : “Suis-je crédible ?”. La question est “Suis-je capable d'apporter un peu de valeur ?” ou encore “ Est-ce que je ne pourrai pas d’aider encore mieux ce patient en essayant des nouvelles techniques en consultation ? ”.


Cette pensée racine “Qui suis-je pour faire cela ? ”, qui est à l'origine du syndrome de l’imposteur, au final n’est logiquement pas fondée. Et la prochaine fois qu’elle fera son apparition, tu pourrais lui répondre : “Je suis juste quelqu’un qui a envie de faire de son mieux pour aider les autres”.


3: L’inaction a des conséquences !


Justement, en parlant d’aider les autres...plus haut dans cet article, je te parlais du fait de rester dans ta “petite routine confortable”. As-tu pensé à tes patients ? Leur prodigues-tu toute l’aide qu’ils méritent ? Si je reprends l’exemple de Juliette, combien de patients aurais-je pu aider via cette technique durant ces 5 années ? Combien de patients ont abandonnés leur suivi par manque de résultats ? 20, 30, 40, 100 patients ?


Le pire, en plus du “manque à gagner”, c’est le” manque à aider” ! Pourquoi es-tu diététicien si ce n’est pour aider tes patients du mieux possible ? N’avons-nous pas une responsabilité vis-à-vis de leur bien-être ? Un peu vaudra toujours mieux que rien du tout. On ne te demande pas d’être parfait, juste de faire de ton mieux.


Bon, et maintenant ?


A travers cet article, j’ai essayé de te donner les clés pour faire évoluer ton modèle mental afin d’apprendre à gérer ce syndrome de l’imposteur. Comme expliqué, il n’est pas possible de le faire disparaître complètement. Le truc c’est de faire en sorte qu’il ne te freine pas dans ta quête de production de valeur pour tes patients.

Je t’invite à imprimer cet article ou à l’ajouter dans ta barre de favoris. En cas de petit “coup de mou”, il sera là pour te remotiver !


A ce stade, tu as peut-être des idées concrètes à implémenter avec déjà dans ta tête le nom de 2-3 patients qui en auraient besoin…Si tu connais mon histoire, tu sais que durant l’année 2018 j’ai fait de nombreux tests en consultations et je continue encore aujourd’hui mes “petites expériences”. Aujourd’hui, j’ose beaucoup plus facilement car j’ai développé une série de petits trucs et astuces qui me verrouillent systématique sur le chemin de l'action.

J’en ai fait un résumé et j’ai pris le temps de condenser ça en une vidéo rien que pour toi !

Alors avant de foncer tête baissée, je t’invite à la visionner en t'inscrivant à notre newsletter.


PS: je serais curieuse de savoir quel va être le premier test que tu vas essayer! Tu peux m’écrire sur dietentransition@gmail.com



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